Anne-Flore Labrunie est autrice et artiste plasticienne. Sa recherche artistique s’intéresse au signe, à ses formes et à sa capacité à faire dialoguer différents langages. Si la peinture, le dessin et la calligraphie, constituent les territoires premiers de son travail plastique, l’écriture s’est progressivement imposée comme un espace de recherche à part entière. Au fil des années, des rencontres avec des auteurs, poètes, musicologues et artistes ont nourri cette démarche et ouvert son travail à d’autres champs : poésie, littérature, anthropologie, art lyrique ou encore l’univers du soin (culture et santé). Ces collaborations donnent naissance à des formes où le texte et l’image ne s’illustrent pas, mais se répondent et construisent ensemble un autre langage. Avec le musicologue Laurent Croizier, La Lyre du Diable est née de sa rencontre avec l’univers de l’opéra. À partir de la mémoire des représentations et de l’énergie ressentie dans la musique, j’ai cherché, par le geste calligraphique, à traduire le rythme, le mouvement et l’émotion des sons. Cette recherche s’est poursuivie avec la poésie contemporaine, notamment avec Claude Chambard et Marc Le Gros, autour de Cette modeste élégance, Cet être devant soi et La Main de neige. D’autres expériences collectives, comme Comme Un, avec l’auteur Christian Gattinoni et plusieurs artistes, ont prolongé cette réflexion autour du corps. En 2019, le dialogue avec l’écrivaine et éditrice Fabienne Raphoz donne naissance à Comment copier ce qui échappe au temps ?, dans une rencontre entre poésie et image. Aujourd’hui, l’écriture et la création d’ouvrage de livre d’artiste participent pleinement à sa démarche. Elle les envisage comme des espaces de rencontre entre les disciplines, où peuvent se croiser les mots, le geste, le corps, la mémoire et le vivant.
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