Armand Dupuy

Linogravures de Jérémy Liron

alors autre chose nous montait
à la figure : ce besoin de ne rien dire
et de chanson mêlés – cela rougissait
tes orbites déplaçait tes couleurs
à pleins seaux (loups loutres et de grands
oiseaux) troublant nos palettes
effarouchées – j’écoutais d’une oreille
oubliée le froissement de nos mains
(ou disons choses déjà froissées – chanson) :
à partir de trois se mêlent la mort et le
nombre et tout recommence disais-tu –
mais charriant mes scrupules secouant
mes charges contraires peignant et
tapissant l’intérieur des seaux combien
de fois fallut-il brusquer mes yeux
posés sur l’allège : deux boîtes liquides
dans lesquels je te voyais grelotter

Si les grandes boîtes bleues sont d’abord les contenants d’une archive familiale, notamment photographique, elles
deviennent très vite autre chose et davantage dans les poèmes de ce recueil. S’il existe un plaisir manifeste à fouiller ces boîtes, à en extraire des fragments, il existe également le plaisir de travailler la boîte travailleuse elle-même : le poème devient cette boîte sonore qui cherche et s’anime : par glissades, sursauts, contritions,…
Les poèmes qui composent cet ensemble, dont les plus anciens datent du début des années 2000, sont pour la plupart des poèmes de rebut, insatisfaisants, partiellement oubliés, abandonnés dans des dossiers éparpillés. Ils formaient ainsi une « archive négative », une archive du manque, du raté, du mal dit, mal senti.

Ils ont été repris, réécrits et assemblés par l’auteur sans savoir s’ils seraient à même de devenir autre chose que ce qu’ils
étaient.

Format 17 x 23 cm, 64 pages

ISBN : 978-2-35439-106-5

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Revue de presse

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