Germaine Dulac est née en 1882 à Amiens. En 1909, elle commence à travailler comme journaliste, notamment au journal féministe La Française. Elle écrit des pièces de théâtre. Son intérêt pour le cinéma est progressif et, en 1916, elle réalise son premier film Les Soeurs ennemies. Elle fait, en 1919, la rencontre déterminante de Louis Delluc dont elle met en scène le scénario La Fête espagnole. Suivront une vingtaine de films : de La Souriante Madame Beudet, à La Coquille et le Clergyman, d’après un scénario d’Antonin Artaud, et qui peut être considéré comme le premier film surréaliste. En 1920, elle se sépare d’Albert Dulac, et vit avec la réalisatrice Marie‑Anne Colson-Malleville (1892-1971), qui sera sa compagne jusqu’à la fin de sa vie. Entre 1928 et 1929, elle réalise trois études rythmiques qui viennent conclure sa période comme metteur en scène. En 1930, elle entre dans la presse filmée et devient directrice des Actualités Gaumont. Parallèlement à sa carrière de cinéaste, Germaine Dulac mène une activité inlassable sur tous les fronts du cinéma. En tout premier, par ses articles théoriques et ses conférences, où elle élabore la notion de Mouvement. Puis, par un engagement corporatif à la tête de différents organismes cinématographiques tels que la Société des auteurs. Elle participe à l’apparition et au développement du mouvement des ciné-clubs (elle sera présidente de la Fédération française), s’intéresse à la dimension éducative du cinéma, soutient l’idée de la création d’une cinémathèque, et se bat pour la place des femmes dans la société, en particulier sur la question du droit de vote. Malade, elle meurt en 1942.

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